Éthiopie : premiers cas de virus Marburg, une alerte qui bouscule le système sanitaire

©Photo Sipa / Ben Curtis

L’Éthiopie a confirmé ses premiers cas de maladie à virus Marburg, un tournant sanitaire inédit dans un pays jusqu’ici épargné par cette fièvre hémorragique proche d’Ebola. Neuf cas ont été identifiés dans la région sud, autour de Jinka, dont trois décès. L’annonce a entraîné une mobilisation rapide d’Addis-Abeba, de l’OMS et d’Africa CDC, alors que les autorités tentent encore de reconstituer les chaînes de transmission.

L’apparition des premiers malades remonte à début novembre. Les symptômes classiques – forte fièvre, vomissements, signes hémorragiques – ont conduit à l’activation du système de surveillance. Selon plusieurs responsables sanitaires, les cas proviennent de zones rurales isolées, où la distance entre les villages et les centres de santé retarde le diagnostic et accroît le risque de transmission intrafamiliale.

Le Marburg est l’un des virus les plus dangereux connus. Aucun vaccin homologué n’existe, et la prise en charge repose essentiellement sur le soutien clinique. Les équipes d’intervention rapide ont été dépêchées pour isoler les patients, identifier les contacts proches et renforcer la biosécurité dans les hôpitaux locaux. Addis-Abeba a également activé son centre national d’urgence de santé publique, chargé de coordonner la réponse avec les partenaires internationaux.

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La localisation du foyer sanitaire inquiète les autorités régionales. La zone affectée se trouve à proximité du Soudan du Sud, pays aux capacités sanitaires limitées. Africa CDC alerte sur les risques de passage transfrontalier, d’autant que les mouvements pastoraux saisonniers compliquent le contrôle des frontières. Pour l’heure, aucun cas n’a été détecté ailleurs dans le pays, mais plusieurs régions ont reçu l’ordre de renforcer la surveillance communautaire.

La priorité reste d’établir l’origine du foyer. Les premiers indices évoquent une transmission zoonotique, probablement liée aux chauves-souris frugivores, mais les investigations se poursuivent. Le ministère de la Santé appelle à éviter les rumeurs et insiste sur la nécessité de rapports médicaux rapides en cas de symptômes suspects.

Cette épidémie intervient alors que la Corne de l’Afrique fait déjà face à plusieurs crises humanitaires et sanitaires. Pour l’Éthiopie, la gestion de cet épisode constitue un test de capacité, dans un contexte où la confiance du public et la rapidité de la réponse seront déterminantes pour éviter une propagation plus large.

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