Accident mortel sur l’axe Tadjourah-Balho : quatre morts et plusieurs blessés

Un grave accident de la circulation s’est produit le lundi 12 janvier sur l’axe routier Tadjourah -Balho, à hauteur de Gaabira Bahari dans la localité de Bolli, faisant quatre morts et plusieurs blessés.

Le véhicule impliqué revenait de Djibouti-ville et se dirigeait vers l’Éthiopie. Pour des raisons qui restent à déterminer, la voiture a effectué une sortie de route dans une zone réputée particulièrement accidentogène. Les blessés ont été évacués en urgence vers l’hôpital régional de Tadjourah, tandis que les cas les plus graves ont été transférés vers Djibouti-ville pour une prise en charge spécialisée.

Un axe stratégique à haut risque

Cet accident remet une nouvelle fois en lumière la dangerosité persistante de la route Tadjourah – Balho, un corridor pourtant stratégique pour l’économie régionale. Cet axe constitue l’un des principaux itinéraires de transit vers l’Éthiopie, pays enclavé dont les échanges dépendent largement des infrastructures portuaires djiboutiennes, en particulier depuis la mise en service du port de Tadjourah.

La montée en puissance du trafic routier, marquée par une circulation régulière de camions, d’autocars et de véhicules légers, contraste avec des conditions de sécurité largement insuffisantes. La route se caractérise par des tronçons étroits, une succession de courbes parfois mal conçues et insuffisamment signalées, ainsi qu’un manque d’équipements de protection adaptés. À ces faiblesses s’ajoutent des conditions climatiques éprouvantes, notamment les fortes chaleurs et les vents de sable, qui affectent la visibilité et la vigilance des conducteurs.

À ces contraintes structurelles viennent s’agréger des facteurs humains récurrents, parmi lesquels l’excès de vitesse, la fatigue au volant, le manque d’expérience de certains conducteurs et l’état parfois dégradé ou non conforme des véhicules, contribuant à accroître un niveau de risque déjà élevé.

Une série noire déjà documentée

Long de 112 kilomètres, ce tronçon, financé à hauteur de 156 millions de dollars par un fonds koweïtien, avait enregistré un accident mortel avant même sa cérémonie inaugurale en novembre 2019. Depuis, les drames se sont multipliés.

Entre 2021 et 2024, près d’une vingtaine de personnes auraient perdu la vie sur cet axe, soit une moyenne particulièrement préoccupante. Malgré ces chiffres, les mesures correctives demeurent limitées, nourrissant un sentiment d’abandon et d’incompréhension au sein des populations riveraines et des usagers réguliers.

Une urgence de sécurité publique

Face à cette situation, les appels à une prise en charge sérieuse de la sécurité routière sur le corridor Tadjourah – Balho se font de plus en plus pressants. Renforcement des contrôles, respect strict de la réglementation, sécurisation des zones à risque et amélioration des dispositifs de protection figurent parmi les attentes récurrentes.

Au-delà de l’enjeu économique, c’est désormais une question de sécurité publique qui se pose. Sans actions concrètes et rapides, cet axe stratégique continuera de coûter des vies, transformant une infrastructure essentielle en un couloir de deuils répétés.

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