Éthiopie : Awel Arba dénonce une « agression érythréenne » dans l’Afar

Awel Arba, président de la region Afar

Dans un entretien accordé à Al Jazeera, le président de la région Afar, Awel Arba, accuse l’armée érythréenne de participer directement aux combats dans le nord-est de l’Éthiopie. Dénonçant une « agression érythréenne », le dirigeant Afar appelle l’Union africaine à intervenir.

Le conflit qui secoue le nord de l’Éthiopie prend une dimension régionale de plus en plus préoccupante. Alors que les combats se sont étendus du Tigré vers les régions voisines de l’Afar et de l’Amhara, le président de la région Afar, Awel Arba, accuse désormais l’Érythrée d’une implication militaire directe.

Selon les déclarations rapportées par Al Jazeera le 28 septembre, Awel Arba affirme que sa région affronte désormais, au-delà des combattants tigréens et de leurs alliés, des unités régulières érythréennes dotées de leur propre commandement et d’armes lourdes. Il décrit un rapport de force profondément inégal, opposant les capacités limitées de sa région à la puissance militaire d’un État.

L’intervention que le président régional dénonce dépasse ainsi le cadre d’un affrontement interne : elle met en cause la souveraineté de l’Éthiopie et l’intégrité de son territoire. Accusant les forces érythréennes de chercher à modifier les frontières par la force, Arba appelle l’Union africaine à se saisir de la crise.

Un front qui s’enfonce dans l’Afar

Les forces tigréennes et leurs alliés ont progressé depuis la frontière du Tigré vers l’intérieur de l’Afar. Erebti est passée sous leur contrôle, tandis que des combattants poursuivaient leur avancée vers Afdera, à une centaine de kilomètres plus à l’est, selon les sources citées par Al Jazeera.

Rendant compte de l’évolution du front, Mohamed Taha Tawakel, directeur du bureau d’Al Jazeera en Éthiopie, rapporte également qu’Awel Arba accuse les forces érythréennes d’avoir pris le contrôle de 36 000 km² dans la zone 2 de l’Afar, soulignant l’ampleur de l’occupation dénoncée par le président régional.

L’extension des combats s’accompagne de déplacements massifs de population. Un bilan cité par Al Jazeera évalue à 150 000 le nombre de personnes déplacées dans l’Afar, un bilan qui pourrait être plus élevé compte tenu de la difficulté à recenser les populations dans les zones affectées.

Le corridor de Djibouti, un enjeu stratégique

Au-delà des territoires disputés, les combats font peser une menace sur les voies d’approvisionnement de l’Éthiopie. Un analyste militaire interrogé par Al Jazeera estime que l’avancée vers l’est pourrait chercher à mettre sous pression le corridor reliant le pays aux ports djiboutiens. Pour cette économie enclavée, cet axe constitue un débouché essentiel sur le commerce international et une voie majeure d’acheminement du carburant et des produits importés.

Toute perturbation de cet axe aurait ainsi des répercussions bien au-delà de l’Afar, menaçant les approvisionnements du pays et fragilisant l’ensemble de l’économie éthiopienne.

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