Éthiopie – Érythrée : rupture diplomatique après l’expulsion de dix diplomates érythréens

Abiy Ahmed et Isaias Afwerki hissent le drapeau éthiopien lors de la réouverture de l’ambassade d’Éthiopie à Asmara, le 6 septembre 2018.
Photo d’archives. @Gnatalie23.

L’Érythrée a annoncé, jeudi 1er octobre, sa décision de rompre ses relations diplomatiques avec l’Éthiopie. Cette annonce intervient quelques heures après la fermeture annoncée de l’ambassade éthiopienne à Asmara et l’expulsion de dix diplomates érythréens, sur fond d’accusations réciproques de déstabilisation.

Un nouveau seuil est franchi dans la dégradation des relations entre Addis-Abeba et Asmara. Dans un communiqué, le ministère érythréen des Affaires étrangères rejette les accusations éthiopiennes et qualifie les mesures prises à son encontre d’« actes d’hostilité injustifiés ». Affirmant avoir fait preuve de patience et de retenue pour éviter une escalade, il estime désormais n’avoir d’autre choix que de rompre les relations diplomatiques avec son voisin.

Quelques heures auparavant, l’Éthiopie avait annoncé la fermeture de son ambassade à Asmara et donné à dix diplomates érythréens un délai de 48 heures pour quitter son territoire. Addis-Abeba leur reproche des activités menaçant sa sécurité nationale et contraires à la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques.

Le gouvernement éthiopien présente ces décisions comme une réponse aux actes d’hostilité directs et indirects qu’il attribue à l’Érythrée.

L’accès à la mer au cœur des accusations d’Asmara

Dans sa réponse, le gouvernement érythréen accuse l’Éthiopie de poursuivre, depuis trois ans, une politique d’hostilité liée à son ambition d’obtenir un accès souverain à la mer. Il affirme qu’Addis-Abeba envisage de s’emparer de ports et de territoires côtiers érythréens par une intervention militaire, une orientation qu’il assimile à une « déclaration de guerre publiquement proclamée ».

Asmara accuse également les autorités éthiopiennes d’accueillir, de former et d’armer des groupes d’opposition érythréens afin de provoquer un conflit intérieur et de favoriser un changement de régime. Ces accusations sont avancées par le gouvernement érythréen, sans éléments vérifiables présentés dans le texte rapporté.

Une rupture sur fond de combats en Afar

Cette crise diplomatique intervient alors que les combats dans le nord de l’Éthiopie accentuent les tensions régionales. Le président de la région Afar, Awel Arba, a récemment accusé, sur Al Jazeera, des soldats érythréens d’avoir pénétré en territoire afar pour participer à l’offensive contre sa région.

La succession de ces annonces réduit davantage les possibilités de dialogue entre les deux États. Aux affrontements militaires et aux accusations d’ingérence s’ajoute désormais une rupture diplomatique, qui fragilise encore les perspectives de désescalade dans la Corne de l’Afrique.

Retour en haut