La Commission éthiopienne des droits de l’homme (EHRC) documente la mort de 107 civils, dont 27 enfants, à Gali Koma, dans la région Afar, en août 2021. Dans son rapport publié le 11 mars 2022, elle attribue ces morts aux forces tigréennes, lors de l’extension du conflit aux régions voisines du Tigré.
Selon l’enquête, les victimes ont été tuées sans discrimination lors d’une offensive contre les forces spéciales afares dans les montagnes de Gali Koma. Trente-cinq autres civils ont été blessés. Ces événements illustrent les lourdes conséquences de l’avancée des combats pour les populations civiles de la région.
Le cas de Gali Koma figure dans une enquête plus large consacrée aux violations des droits humains et du droit international humanitaire dans les régions Afar et Amhara. Menées entre septembre et décembre 2021, les investigations ont mobilisé 29 enquêteurs dans plus de 50 localités. La Commission s’est notamment appuyée sur 427 entretiens confidentiels, recueillant les récits de victimes, de survivants, de témoins et de professionnels de santé.
Au-delà de cet épisode, le rapport documente des attaques contre des civils, des exécutions extrajudiciaires, des violences sexuelles ainsi que des pillages et des destructions d’infrastructures. Il relève des violations commises par plusieurs parties au conflit et attribue aux forces tigréennes une part importante des exactions recensées.
Dans ses conclusions générales, l’EHRC estime que les faits documentés peuvent constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Elle demande des enquêtes pénales impartiales pour établir les responsabilités, ainsi que des mesures de réparation pour les victimes. La Commission appelle également à la reconstruction des services de santé, des écoles et des infrastructures dont la destruction a durablement affecté les communautés.




