
À la fin du mois de décembre 2025, Égypte et Djibouti ont franchi une nouvelle étape dans leurs relations bilatérales en signant une série d’accords économiques et industriels. Ces engagements ont été formalisés à l’occasion d’une visite officielle à Djibouti du vice-Premier ministre égyptien et ministre de l’Industrie et des Transports, Kamel Al‑Wazir.
Les textes signés traduisent une volonté commune de renforcer la coopération dans des secteurs considérés comme stratégiques pour la mer Rouge et la Corne de l’Afrique, en particulier les infrastructures portuaires, la logistique régionale et l’énergie renouvelable.
Un projet solaire pour soutenir les infrastructures portuaires
Le premier accord porte sur le développement des énergies renouvelables. Il prévoit la construction d’une centrale solaire d’environ 23 MW, équipée d’un système de stockage par batteries. L’installation doit alimenter directement les infrastructures portuaires de Doraleh, réduisant la dépendance aux énergies fossiles et les coûts opérationnels.
Ce projet s’inscrit dans la stratégie djiboutienne de diversification de son mix énergétique et dans la volonté égyptienne d’exporter son savoir-faire industriel et technique en matière d’énergie propre vers les pays riverains de la mer Rouge.
Développement d’un nouveau terminal à conteneurs
Un second accord concerne le secteur portuaire. Il prévoit la participation d’entreprises publiques et privées égyptiennes au développement d’un nouveau terminal à conteneurs à Djibouti, avec des quais en eau profonde et une capacité destinée à accompagner la croissance du trafic régional.
Le projet implique notamment la Holding Company for Maritime and Land Transport côté égyptien et des partenaires djiboutiens liés aux autorités portuaires. L’objectif est de renforcer la compétitivité de Djibouti face aux autres hubs de la mer Rouge, tout en offrant à l’Égypte une présence accrue dans les chaînes logistiques reliant la Méditerranée à l’océan Indien.
Une plateforme logistique dans la zone franche internationale
Le troisième accord porte sur l’implantation d’une zone logistique égyptienne au sein de la Djibouti International Free Trade Zone. Il s’agit d’un bail foncier destiné à accueillir des activités de stockage, de transformation et de redistribution de marchandises, notamment égyptiennes, à destination des marchés africains et asiatiques.
Cette plateforme vise à faire de Djibouti un point d’entrée privilégié pour les exportations industrielles et agro-alimentaires égyptiennes vers l’Afrique de l’Est, tout en renforçant le rôle du pays comme hub régional de transit et de services logistiques.
Au-delà de leur dimension économique, ces accords revêtent une portée stratégique. Ils traduisent l’intérêt croissant de l’Égypte pour la sécurité et la stabilité de la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb, artères essentielles du commerce mondial. Pour Djibouti, ce partenariat s’inscrit dans une politique de diversification de ses alliances économiques, dans un contexte de forte concurrence entre acteurs régionaux et internationaux.
L’ensemble de ces projets confirme la centralité de Djibouti dans les équilibres logistiques de la région et marque une montée en puissance de l’engagement économique égyptien dans la Corne de l’Afrique, à travers des investissements structurants et de long terme.




