Les relations entre Djibouti et le Somaliland connaissent un net durcissement depuis l’annonce de la reconnaissance du Somaliland par Israël. Longtemps gérées dans la discrétion, les divergences entre les deux capitales sont désormais exprimées publiquement, révélant une tension diplomatique réelle, bien que maîtrisée.
Le 31 décembre 2025, le ministère des Affaires étrangères du Somaliland a annoncé le rappel à Hargeisa de son représentant à Djibouti pour consultations. Si ce geste relève des usages diplomatiques, il traduit un désaccord politique sérieux et marque un changement de ton dans la relation bilatérale.
Côté djiboutien, la position a été réaffirmée lors de l’intervention de l’ambassadeur de Djibouti aux États Unis et auprès de l’Organisation des Nations unies. Djibouti maintient une ligne constante fondée sur le respect de l’intégrité territoriale de la Somalie et sur le rejet des reconnaissances unilatérales susceptibles de fragiliser l’équilibre régional.
La reconnaissance israélienne agit ainsi comme un facteur de cristallisation. Pour Hargeisa, elle représente une avancée diplomatique significative dans une stratégie de long terme visant à obtenir des soutiens étatiques directs. Pour Djibouti, cette reconnaissance soulève des préoccupations d’ordre régional, tant par la méthode employée que par ses implications potentielles sur la stabilité de la Corne de l’Afrique et le rôle des cadres multilatéraux africains et onusiens.
La séquence actuelle ne se traduit pas par des mesures de rupture administrative ou sécuritaire. Les canaux institutionnels restent ouverts et aucune décision de réciprocité n’a été annoncée côté djiboutien. Elle marque toutefois une dégradation assumée du climat diplomatique, caractérisée par la publicisation du désaccord et par un repositionnement discursif plus ferme.





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