Afkié Abdallah Afkié, okal général de Dourba, a été emprisonné et cinq autres notables afars ont vu leur rémunération suspendue après une plainte adressée au président Ismaïl Omar Guelleh. Les représentants coutumiers demandaient une enquête sur les conditions d’une mission de médiation organisée en Éthiopie à la sollicitation du ministre Mohamed Abdoulkader Moussa.
L’affaire trouve son origine dans le meurtre de pasteurs nomades afars par des milices somalis-issas à Obno, en juillet. Le 7 août 2026, cinq notables afars et quatre notables somalis issas ont quitté Dikhil pour Semera, capitale de la région Afar d’Éthiopie. La mission s’est soldée par un échec.
Dans un courrier daté du 17 septembre, rédigé au nom d’Abdallah Ali Ismaïl, chef du village d’As-Eyla et chef coutumier de la confédération Debné, les notables mettent directement en cause Mohamed Abdoulkader Moussa, ministre de la Communication, accusé d’avoir utilisé le nom et l’autorité du président pour engager les notables dans une mission qualifiée de « fictive ». Le préfet de Dikhil est également cité pour sa prise en charge administrative et financière du déplacement.
Les auteurs dénoncent les risques encourus et les appels restés sans réponse auprès des responsables à Djibouti. Malgré les restrictions coutumières liées au deuil du sultan de Goba’ad, les notables avaient accepté le déplacement, « croyant répondre à une directive présidentielle urgente pour une mission de paix ».
Sollicités pour leur autorité auprès des communautés et leur capacité à apaiser les tensions, ces notables se retrouvent sanctionnés après avoir dénoncé les conditions de leur mission. Le traitement qui leur est réservé interroge la place accordée aux autorités traditionnelles, reconnues comme interlocuteurs lorsqu’il s’agit de mener une médiation, peuvent-elles aussi demander des comptes à des responsables politiques sans s’exposer à des sanctions ?


