
NASA Worldview via Associated Press
Le volcan Hayli Gubbi, situé dans la région Afar au nord-est de l’Éthiopie, est entré en éruption le 23 novembre 2025. Il s’agit de sa première activité connue depuis environ 12 000 ans. L’éruption a projeté un immense panache de cendres dans l’atmosphère et recouvert plusieurs villages, sans provoquer de victimes directes. L’événement place soudain ce volcan, longtemps considéré comme silencieux, au centre de l’attention scientifique mondiale.
Une région clé pour comprendre l’évolution humaine
La dépression afar est l’un des terrains les plus précieux pour l’étude des origines humaines. C’est là que sont situés Hadar, Gona ou Dikika, sites majeurs ayant livré les fossiles d’Australopithèques et d’Homo ancien. La dynamique tectonique du Rift, les affaissements successifs et le volcanisme exposent naturellement des couches très anciennes. Dans ce contexte, toute modification géologique – fissure, dépôt, effondrement – peut révéler des strates inédites.
Ce que l’éruption change réellement
Nouvelle matière pour les scientifiques
L’éruption ouvre des surfaces fraîches, offre des coupes nouvelles et crée une couche de cendres parfaitement datée. Pour les géologues, c’est un marqueur temporel supplémentaire dans un système volcanique encore mal connu. Pour les archéologues et paléoanthropologues, cela peut signifier l’apparition de nouveaux affleurements susceptibles de contenir des outils ou des fossiles.
En ce sens, l’éruption du Hayli Gubbi n’est pas seulement un phénomène naturel : c’est l’ouverture d’un nouveau chapitre dans la compréhension du Rift.
Montée probable du géotourisme
Avec le Hayli Gubbi, la région concentre désormais trois sites d’intérêt volcanique majeur : Dallol, Erta Ale et ce volcan nouvellement actif. L’éruption, très médiatisée, renforce la visibilité du paysage afar. Le géotourisme et les expéditions scientifiques pourraient augmenter, à condition que les infrastructures et la sécurité soient encadrées pour éviter les dérives observées ailleurs.
Nécessité d’une surveillance renforcée
Le réveil brutal d’un volcan classé comme « dormant » souligne la fragilité du Rift. L’événement rappelle la nécessité de renforcer les réseaux d’observation, d’améliorer les dispositifs d’alerte pour les villages pastoraux et d’intégrer les zones volcaniques dans les politiques de prévention du risque naturel.
Une fenêtre ouverte sur la Terre et sur nos origines
Dans la région afar, les transformations géologiques ne sont jamais anodines : elles modifient le paysage, exposent des archives du passé humain et attirent l’attention internationale. L’éruption du Hayli Gubbi réaffirme cette singularité. Elle marque un tournant pour les sciences du Rift, tout en posant des défis de gestion et de connaissance dans l’une des zones les plus importantes pour comprendre l’histoire de l’humanité.




