
Le Congrès national érythréen Afar (EANC) annonce la création d’une aile armée opérant dans la région de Dankalia, marquant un tournant stratégique dans son opposition au pouvoir d’Asmara. Dans un communiqué daté du 20 avril 2026, le mouvement affirme vouloir désormais engager une lutte armée en vue de démanteler le système dirigé par Isaias Afwerki.
Jusqu’ici structuré comme une organisation politique en exil, l’EANC dit avoir documenté de longue date des violations visant les populations afar, évoquant notamment des déplacements forcés, des confiscations foncières et une marginalisation économique dans les zones côtières stratégiques. Ces accusations font écho à des préoccupations régulièrement soulevées par des organisations internationales, parmi lesquelles Human Rights Watch ou le Conseil des droits de l’homme des Nations unies.
La décision d’ouvrir un front militaire intervient après des années de coopération avec d’autres groupes d’opposition érythréens, dans un contexte où certains mouvements afar, notamment le Red Sea Afar Democratic Organization, sont déjà présents sur le terrain. L’EANC estime désormais que la voie politique ne permet plus d’obtenir des avancées substantielles et appelle à une convergence des forces hostiles au Front populaire pour la démocratie et la justice d’Isaias Afeworki
Ce repositionnement marque une inflexion notable dans la configuration de l’opposition érythréenne, avec le risque d’une militarisation accrue dans une région déjà sensible sur le plan géostratégique. Il ouvre également une phase d’incertitude quant aux dynamiques locales dans la zone de Dankalia, où les équilibres entre revendications politiques, sécurité et enjeux territoriaux restent particulièrement fragiles.




