
Dans un communiqué publié le 10 avril 2026, le Red Sea Afar Democratic Organization (RSADO) franchit un nouveau cap en portant sur la scène internationale la situation des populations afar de l’Erythrée. Plus qu’un rappel des violations déjà dénoncées, le texte marque une évolution dans la stratégie de l’organisation, désormais tournée vers une mobilisation accrue des acteurs internationaux
Le cadre juridique n’est pas nouveau. En décembre 2025, l’African Commission on Human and Peoples’ Rights avait enregistré une plainte du RSADO contre l’État érythréen, ouvrant une procédure continentale. Le communiqué du 10 avril s’inscrit dans cette continuité, tout en marquant une évolution dans son approche.
L’accent est désormais mis sur ce que l’organisation présente comme une transformation du littoral afar. Le RSADO affirme que, depuis 1993, les populations afar sont soumises à des politiques continues qui fragilisent leurs droits fondamentaux et les excluent de leurs activités économiques traditionnelles, en particulier la pêche et le commerce maritime. Le communiqué évoque également une reconfiguration territoriale le long de la côte de la mer Rouge, de Massawa à Ras Dumera, soit plus de 700 kilomètres. Expulsions, restrictions d’accès et contrôle des ressources marines y sont décrits comme des mécanismes participant à une marginalisation durable.
À cette dimension économique et territoriale s’ajoutent des accusations récurrentes de violations graves, incluant conscription forcée, détentions arbitraires et exécutions extrajudiciaires. Selon le RSADO, ces pratiques s’inscrivent dans un environnement de contrainte généralisée ayant contribué à des déplacements vers les pays voisins, notamment Djibouti, l’Éthiopie et le Yémen. Le texte se distingue également par une réponse directe au discours des autorités érythréennes. Lors de la conférence de Genève des 9 et 10 avril 2026, celles-ci ont attribué les difficultés en matière de droits humains à des facteurs externes, notamment les sanctions. Le RSADO rejette cette lecture et met en avant des dynamiques internes qu’il considère comme documentées.
Au-delà du constat, l’organisation appelle à une mobilisation des acteurs internationaux. Elle demande l’ouverture d’une enquête indépendante, la garantie des droits fondamentaux des Afar et un suivi par les mécanismes des Nations unies. Il s’agit désormais d’imposer la question afar dans l’agenda international et d’obtenir une prise en compte effective des violations dénoncées.




