Djibouti récidive : des frappes de drones touchent des civils afar à Elidar, en Éthiopie

Une frappe menée par des drones de l’armée djiboutienne a touché, hier, la zone de Muhurta, dans le district d’Elidar, en région Afar. Selon des sources locales concordantes, trois civils, tous des pasteurs nomades, ont été grièvement blessés. Cette attaque intervient près d’un an après les frappes aériennes menées à Siyyarou contre des civils djiboutiens, qui avaient causé la mort de huit personnes.

Depuis plusieurs années, le district éthiopien d’Elidar est régulièrement exposé à des attaques de drones armés attribuées aux forces djiboutiennes. Cette pression sécuritaire constante fragilise durablement les communautés pastorales afar, en limitant leur accès à l’eau et aux pâturages, et affecte l’équilibre social et économique d’une région déjà marginalisée. Pour les habitants, ces opérations ne relèvent pas d’actions militaires ponctuelles, mais d’une dynamique prolongée perçue comme visant à restreindre la présence afar dans ces espaces.

Un timing politiquement sensible

La frappe sur Elidar suscite d’autant plus d’interrogations qu’elle est intervenue alors que le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, effectuait une visite officielle à Djibouti depuis dimanche. À ce stade, aucune réaction publique n’a été enregistrée du côté des autorités fédérales éthiopiennes.

Ce silence contraste avec les attentes exprimées localement, dans une région où la protection des civils face à des incursions extérieures relève des responsabilités régaliennes de l’État. La forte dépendance de l’Éthiopie aux infrastructures portuaires djiboutiennes pour son commerce extérieur est souvent évoquée comme un facteur limitant la capacité d’Addis-Abeba à adopter une position ferme face aux actions militaires djiboutiennes signalées sur son territoire.

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