Alors que plusieurs milliers de personnes fuyant le Yémen ont rejoint les côtes djiboutiennes, Ilyas M. Dawaleh, ministre djiboutien de l’Économie et des Finances, interpelle les partenaires internationaux sur l’insuffisance de leur soutien. À Obock, les besoins humanitaires s’ajoutent à ceux des populations réfugiées déjà présentes.
« Beaucoup de déclarations. Très peu de partage des responsabilités. » Dans un message publié en anglais sur X le 7 octobre, Ilyas M. Dawaleh critique vivement la réponse internationale à l’arrivée de nouveaux réfugiés à Djibouti. Il déplore que le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ait « si peu à offrir » et interpelle les partenaires internationaux et bilatéraux sur leur mobilisation.
Évoquant près de 35 000 réfugiés installés de longue date et des milliers de migrants en situation irrégulière, Dawaleh estime que le pays assume une responsabilité disproportionnée. Avec l’arrivée de milliers de personnes supplémentaires depuis le Yémen, Djibouti demeure, écrit-il, « largement livré à lui-même ».

À Obock, des besoins croissants
Au 7 octobre, l’Organisation internationale pour les migrations faisait état de plus de 3 700 personnes ayant fui le Yémen par la mer vers Djibouti, sur fond d’intensification des combats.
Les arrivées se concentrent notamment à Obock, Khor Angar, Moulhoulé et Godoria. Les familles sont ensuite transférées vers le village de réfugiés de Markazi pour être enregistrées et recevoir une assistance. Le HCR et ses partenaires y apportent des abris, de l’eau, de la nourriture et des soins, tout en préparant l’intégration des enfants dans les écoles.
Lors d’une réunion le 20 septembre, le gouvernement djiboutien avait identifié plusieurs priorités : renforcer l’hébergement et l’assainissement, fournir des équipements de première nécessité et améliorer l’alimentation électrique du site.
La critique de Dawaleh intervient dans un contexte de sous-financement reconnu par les organismes humanitaires eux-mêmes. Le 22 septembre, le HCR indiquait que son opération à Djibouti n’était financée qu’à 15 % et faisait état d’un appel de 13,5 millions de dollars avec ses partenaires. Une aide existe donc, mais les ressources mobilisées restent insuffisantes face aux besoins et à la perspective de nouvelles arrivées.




