Le Red Sea Afar Democratic Organisation (RSADO), mouvement d’opposition afar érythréen, accuse le gouvernement d’Asmara d’être directement impliqué dans les récents affrontements en Afar et au Tigré. Dans un communiqué publié le 4 octobre, l’organisation affirme disposer de « preuves crédibles » faisant état de la présence de militaires érythréens dans les récentes attaques, sans toutefois détailler les éléments sur lesquels repose cette affirmation.
Le RSADO accuse plus largement l’Érythrée de soutenir des groupes armés et d’exploiter les divisions politiques dans les pays voisins. Il apporte également son soutien à la décision de l’Éthiopie de déclarer persona non grata dix diplomates érythréens et de fermer son ambassade à Asmara, mesures annoncées le 1er octobre. L’Érythrée a depuis rompu ses relations diplomatiques avec l’Éthiopie et rejette les accusations d’Addis-Abeba selon lesquelles elle soutiendrait les forces opposées au gouvernement fédéral.
Une situation ancienne pour les Afars d’Érythrée
Le communiqué attire également l’attention sur la situation des Afars d’Érythrée, que le RSADO présente comme directement affectés par les politiques du gouvernement d’Asmara. Ces préoccupations ne sont pas nouvelles. En 2016, la Commission d’enquête des Nations unies sur les droits de l’homme en Érythrée avait estimé qu’il existait des motifs raisonnables de croire que des responsables érythréens avaient intentionnellement et gravement privé les populations afar et kunama de droits fondamentaux en raison de leur appartenance ethnique.
Un an plus tôt, le Comité des droits de l’enfant de l’ONU s’était également dit préoccupé par des informations faisant état de la destruction des moyens de subsistance traditionnels des Afars et des Kunamas ainsi que de leur déplacement de territoires ancestraux. Le gouvernement érythréen a par la suite catégoriquement rejeté ces accusations.




