Éthiopie : le sultan Ahmed Ali Mirah appelle à la désescalade en Afar

Le sultan Ahmed Ali Mirah a appelé à une désescalade immédiate des affrontements qui ont gagné la région Afar, estimant que les populations afares ne doivent pas, encore une fois, supporter les conséquences d’un conflit dont elles ne sont pas à l’origine. Dans une déclaration intitulée « Ce n’est pas notre guerre », le Sultan Afar appelle à privilégier le dialogue et soutient les efforts des Nations unies et de l’Union africaine.

« Les Afars ont maintes fois payé le prix de guerres que nous n’avons pas déclenchées », affirme le communiqué diffusé le 7 octobre. Le Sultan alerte sur les conséquences humaines de la reprise des hostilités : populations contraintes d’abandonner leurs foyers, pertes de bétail, victimes civiles et nouvelles générations durablement marquées par la guerre. Au-delà de cette déclaration, les conséquences humanitaires sont déjà considérables : au moins 150 000 personnes auraient été déplacées dans la région Afar depuis le début des affrontements, selon des estimations publiées fin septembre.

Cette prise de position intervient alors que les combats déclenchés dans le nord de l’Éthiopie en septembre se sont étendus à plusieurs secteurs de la région Afar, notamment autour d’Abala et d’Erebti. L’Union africaine avait déjà exprimé sa « profonde préoccupation » face à l’extension des hostilités en Afar et appelé les parties à une désescalade immédiate ainsi qu’à la reprise du dialogue.

« Cette guerre doit être résolue par le dialogue »

Dans sa déclaration, Ahmed Ali Mirah insiste également sur le rôle historique des Afars dans la défense de leur territoire et notamment de l’Éthiopie.

« Les Afars ont défendu leur territoire tout au long de l’histoire et se sont sacrifiés pour la défense de l’Éthiopie bien avant que les gouvernements, les partis politiques et les mouvements armés d’aujourd’hui n’existent », souligne le communiqué.

Le sultan estime que la position stratégique du territoire afar, traversé par le corridor reliant Addis-Abeba à Djibouti, ne doit pas conduire la région à devenir le terrain d’affrontements entre des forces poursuivant des objectifs politiques et militaires qui dépassent les intérêts de sa population.

Le communiqué rappelle à ce titre la frappe de drone de Siyaru, en 2025, qui avait fait plusieurs morts parmi la population Afar près de la frontière entre l’Éthiopie et Djibouti. Attribuée à Djibouti, cette frappe avait alors été fermement condamnée par Ahmed Ali Mirah, qui l’avait qualifiée de « massacre délibéré et calculé » contre des civils afars sans défense et appelé la communauté internationale à enquêter sur les faits.

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