FRUD-RPP : l’alliance a-t-elle encore un sens ?

Après des semaines d’attente autour du remaniement postélectoral, beaucoup espéraient voir émerger une nouvelle configuration politique capable de rééquilibrer le pouvoir et d’envoyer un signal à des alliés historiques de plus en plus frustrés.

Le nouveau gouvernement a finalement produit l’effet inverse. Derrière les discours sur la stabilité, le remaniement confirme surtout le recul progressif du poids politique afar dans l’appareil d’État et l’effacement grandissant du FRUD au sein de la coalition présidentielle.

Sur les 26 postes ministériels, seuls 4 ministères reviennent à des Afars. Les 4 autres postes attribués concernent essentiellement des ministères délégués ou des secrétariats d’État, c’est-à-dire des fonctions disposant d’une influence politique bien plus limitée. Mandat après mandat, la réduction du poids afar dans les centres de décision devient de plus en plus visible.

Selon plusieurs indiscrétions politiques, la liste proposée par Ougoureh Kifleh Ahmed, secrétaire général du FRUD et principale figure du parti depuis la disparition d’Ali Mohamed Daoud, aurait été largement écartée par le président Guelleh. Même si le dernier mot a toujours appartenu au chef de l’État, le FRUD conservait autrefois au moins l’apparence d’un partenaire consulté dans certains arbitrages. Cette fois, même cette marge symbolique semble s’être réduite.

Une influence politique en nette diminution

Longtemps intégré au pouvoir et présenté comme un partenaire incontournable de la coalition, le FRUD semble aujourd’hui voir se réduire progressivement le peu d’espace d’influence qu’il conservait encore au sein du système.

En coulisses, la bataille pour le contrôle du FRUD paraît désormais ouverte. Ougoureh Kifleh chercherait à conserver le secrétariat général tout en poussant Mohamed Ali Houmed, ex-président de l’Assemblée nationale, vers la présidence du FRUD. Face à eux, Naguib Abdallah Kamil apparaîtrait également comme un prétendant sérieux avec, selon plusieurs rumeurs persistantes, le soutien discret du palais présidentiel.

Dans ce climat de tensions internes, certains militants historiques et anciens combattants du FRUD, longtemps tenus à l’écart et rarement consultés dans les orientations du parti, commencent eux aussi à exprimer leur malaise face à l’évolution du mouvement.

Pendant que les rivalités internes s’intensifient, le FRUD, censé préserver une représentation politique afar au sein du système, donne aujourd’hui l’image d’un parti qui s’est progressivement enlisé dans ses propres luttes internes, alors même que cette représentation continue de se réduire mandat après mandat.

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