Quatorze mois sans salaire : l’historien Aramis Houmed Soulé dénonce un acharnement administratif et politique

Aramis Houmed Soulé lors d’une conférence à Samara en Ethiopie

Privé de salaire et laissé sans ressources depuis quatorze mois, l’historien et chercheur djiboutien Aramis Houmed Soulé affirme que l’annulation de sa mise à la retraite demeure volontairement bloquée au sommet de l’administration. Une situation humainement intolérable qui prend, au regard de son parcours et des faits dénoncés, les contours d’une sanction politique et administrative.

Auteur de plusieurs ouvrages et travaux consacrés à l’histoire de la Corne de l’Afrique, notamment à la mémoire, aux institutions et à la société afares, Aramis Houmed Soulé est aujourd’hui contraint de se battre pour un droit élémentaire : percevoir son salaire.

L’historien affirme être privé de salaire depuis quatorze mois à la suite de sa mise à la retraite contestée. Une décision annulant cette mesure aurait pourtant été transmise par la Primature à la présidence de la République le 24 décembre 2025. Près de sept mois plus tard, elle demeurerait sans exécution au secrétariat général de la présidence, prolongeant ainsi une situation administrative et financière déjà ancienne.

Aramis Houmed Soulé met directement en cause l’ancien ministre des Transports Hassan Houmed, qu’il accuse d’être intervenu afin que le document ne soit pas traité. Il accuse également le député Ali Houmed, dit Ali Boss, ainsi que le ministre des Télécommunications Mohamed Abdoulkader Moussa, d’avoir pesé en faveur du blocage de son dossier.

Pour l’historien, cette affaire administrative ne peut être dissociée des pressions exercées autour de ses recherches et de ses prises de position sur l’histoire et le droit coutumier afar. Il évoque notamment sa participation à une conférence organisée à Samara en décembre 2025, puis à une autre rencontre en février 2026, au cours desquelles des initiatives auraient visé à limiter la représentation djiboutienne et à restreindre sa propre prise de parole.

L’ensemble de ces faits dénoncés dessine un même schéma : marginalisation, pressions, blocage administratif et privation de ressources. À ce jour, aucune réaction publique des responsables mis en cause n’est venue apporter un autre éclairage sur cette affaire.

Reste une réalité lourde de conséquences : depuis quatorze mois, Aramis Houmed Soulé ne perçoit plus son salaire. Cette situation affecte sa sécurité matérielle, celle de sa famille, mais aussi la continuité de son travail intellectuel. Le temps et l’énergie qu’il consacre aujourd’hui à faire valoir ses droits sont autant de ressources soustraites à la recherche, à l’écriture et à la publication de nouveaux ouvrages.

Pour un historien ayant voué une grande partie de sa vie à documenter l’histoire de Djibouti, de la Corne de l’Afrique et du peuple afar, cette mise à l’écart représente également une perte pour la recherche, la transmission du savoir et la mémoire collective.

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