La hausse récente du prix du gasoil et les inquiétudes liées aux tensions au Moyen Orient ont provoqué ces derniers jours une ruée vers certaines stations-service de Djibouti. Face aux rumeurs de pénurie, le ministre de l’Économie et des Finances, Ilyas Moussa Dawaleh, a tenté de rassurer la population.
« Pas de panique », a-t-il déclaré, affirmant que le pays dispose de stocks suffisants jusqu’à la fin du mois de septembre. Le ministre a également assuré que les prix de l’essence et du kérosène demeurent inchangés tandis que le gasoil continue d’être subventionné par l’État et vendu à 285 francs djiboutiens le litre, contre un coût théorique estimé à 450 francs sans soutien public.
Ces assurances n’ont toutefois pas mis fin aux interrogations.
Parmi les voix critiques figure Alexis Mohamed, ancien conseiller à la présidence devenu pourfendeur de la gouvernance actuelle,qui remet en cause l’existence même d’un véritable stock stratégique national. Selon lui, la loi de 2014 régulièrement invoquée dans le débat public concerne uniquement un stock d’urgence de gasoil destiné à l’alimentation en eau des zones rurales et non une réserve nationale couvrant l’ensemble des besoins énergétiques du pays.
Alexis rappelle également qu’en 2023 les autorités annonçaient encore leur ambition de constituer un stock stratégique couvrant jusqu’à 90 jours de consommation national. Or, à ce jour, aucune donnée publique détaillée ne permet de vérifier si cet objectif a effectivement été atteint.
Ces interrogations semblent trouver un écho au sein d’une partie de l’opinion publique qui, au-delà de la seule question du prix des carburants, s’interroge sur la capacité réelle du pays à affronter une crise énergétique prolongée et appelle à une plus grande transparence quant à l’état des réserves disponibles.




