De nouveaux affrontements ont éclaté à la frontière entre le Tigré et la région Afar, faisant craindre une reprise à grande échelle de la guerre qui avait ravagé le nord de l’Éthiopie entre 2020 et 2022. La ville frontalière d’Abala se trouve au centre des combats.
De violents affrontements opposent depuis mardi soir les forces fédérales éthiopiennes aux forces tigréennes dans plusieurs secteurs de la région Afar. Les combats ont notamment été signalés autour d’Abala, ville située dans les montagnes séparant l’Afar du Tigré, ainsi qu’à Erebti, plus à l’intérieur de la région.
Selon plusieurs sources humanitaires et sécuritaires citées par l’Agence France-Presse, les forces tigréennes ont pris le contrôle d’Abala mercredi 23 septembre. Des responsables du Front populaire de libération du Tigré (TPLF) ont également affirmé avoir progressé dans plusieurs autres localités de l’Afar. Ces revendications n’ont toutefois pas toutes pu être vérifiées de manière indépendante.
La situation demeure très évolutive. Vendredi 25 septembre, de violents combats se poursuivaient autour d’Abala. Selon des sources locales afars, la ville demeure sous le contrôle des forces fédérales et des milices afars, qui tentent de repousser les forces tigréennes présentes aux abords de la localité.
Les deux camps se rejettent par ailleurs la responsabilité du déclenchement des hostilités. Les autorités tigréennes affirment mener une opération défensive, tandis que le gouvernement fédéral accuse le TPLF d’avoir lancé une offensive dans les régions Afar et Amhara.
Les aéroports du Tigré sous contrôle des forces régionales
Parallèlement aux combats dans l’Afar, les forces tigréennes ont pris le contrôle de plusieurs aéroports situés dans leur région, notamment ceux de Mekele, Axoum et Shire, jusque-là placés sous administration fédérale.
Ethiopian Airlines a suspendu ses vols à destination de ces trois villes en raison de la dégradation de la situation sécuritaire. Des perturbations des télécommunications et de l’accès à Internet ont également été rapportées dans le Tigré.
L’escalade ne se limite plus à la frontière afar. Des affrontements sont aussi signalés dans la région Amhara, notamment autour de plusieurs axes stratégiques reliant le nord du pays au reste de l’Éthiopie.
Une nouvelle alliance contre le gouvernement fédéral
La reprise des combats intervient quelques jours après la formation d’une coalition de sept mouvements armés, dont le TPLF, l’Armée de libération oromo, le Mouvement national Fano amhara et le Front démocratique révolutionnaire pour l’unité afar.
Ces organisations, pourtant divisées par des différends politiques et territoriaux profonds, déclarent vouloir mettre fin au gouvernement du premier ministre Abiy Ahmed et établir une administration de transition.
Le rapprochement du TPLF avec les combattants Fano et le Front démocratique révolutionnaire pour l’unité afar (ARDUF/Ugugumo) constitue un retournement d’alliance majeur. Durant la guerre de 2020 à 2022, ces derniers avaient combattu aux côtés de l’armée fédérale contre les forces tigréennes, également accusées d’exactions contre des civils afars. Ces anciens adversaires se retrouvent désormais réunis au sein d’une même alliance contre le gouvernement d’Abiy Ahmed.





